Lomo et Polaroid sur iPhone
Le numérique procure une images parfaites techniquement, sans doute trop…
L’iPhone n’a un capteur que de 2,5 millions de pixels mais de nombreux petits logiciels permettent de “dégrader” encore ses photos en y appliquant différents filtres donnant des rendus de vieil appareils comme le Polaroïd ou le Lomo.
L’instantanéité du numérique qui a tué le Polaroid le fait re-vivre en quelque sorte…
Il est est assez intéressant de constater, sans refaire la liste de tous les avantages du numérique, comment celui-ci revisite les anciennes technologies. Pour le moment, il ne fait que de la copie de techniques qui imposaient leur style par leur imperfections.
Vignetage, flou, saturation des couleurs, déformation optique, mauvaise exposition… qui confinaient l’image aux limites du ratage nous manquent soudainement devant la perfection du numérique. Cette perfection manquer de vie, de profondeur ou de vibration, il faut alors les ajouter par des filtres automatiques.
Si dans l’absolu, l’artiste n’a besoin que d’un outil “neutre” pour exprimer sa subjectivité, les outils ou les matériaux ont toujours influencé l’esthétique de l’époque d’autant plus lorsque celle-ci se cherche ou tente d’imposer une nouvelle lecture du monde (expressionniste avec la gravure sur bois par exemple).
Aujourd’hui, le numérique ne fait que réintroduire des formes esthétiques déjà existantes. Il y a comme un flottement nostalgique dans cette époque dont l’extrême modernité n’apporte pas, finalement, toutes ses promesses. On peut alors se demander qu’elle sera l’esthétique que nous laissera le numérique. Comment rendre la fragilité, l’imperfection, l’impureté, le temps, l’espace… avec une technologie parfaite, intemporelle, immatérielle… l’inverse de l’art et de la vie.








